Ils partent pour une aventure sportive et humanitaire
Julien Devanne, 20 ans, est étudiant en tourisme à l’Ecole Supérieure Internationale de Savignac. Il est accompagné de Magali Fabre agée de 21 ans qui poursuit quant à elle ses études à Sup de Co La Rochelle. Ils font partie de cette aventure sportive et surtout humanitaire :
GoBladi : Comment vous est venue l’idée de participer au Raid ?
Magali : Il y a encore 1 an, Julien et moi étions en Bachelor à l’école Internationale Supérieure de Savignac. Le Bachelor est un programme en partenariat avec une université Anglaise : nous sommes réellement arrivés à l’école de Savignac en février 2010, et à ce moment-là, nous avons croisé les étudiants en Master qui rentraient du 4L Trophy. Ils ont présenté le projet à notre promotion et ils ont réussi à transmettre leur envie d’aventure au travers de vidéos, de photos et de récits sur ce qui leur était arrivé. Pour ma part, j’avais déjà connaissance du Raid 4L Trophy car mon père lui-même organise des rallyes et y participe.
Le projet nous a séduit dès le début : nous étions un petit groupe de 8/9 personnes intéressées, c’est assez naturellement que nous avons décidé de partir ensemble. J’ai continué pour ma part mes études à Sup de Co la Rochelle, ce qui n’a pas empêché de mener à bien notre rêve.
GoBladi : Organiser une telle aventure ne doit pas être de tout repos, quelles actions avez-vous menées ?
Julien : C’est énormément de temps, ça demande beaucoup d’organisation. Le premier travail est de créer des outils de communication afin de démarcher les sponsors nécessaires à notre participation. Sans la générosité à la fois des entreprises partenaires, de notre famille et de tous les gens qui ont fait un don, nous ne pourrions pas aboutir.
Magali a monté un stand dans la galerie du centre commercial de sa ville, je la félicite encore pour la qualité de ce dernier qui était très bien réussi. Une autre de nos actions fut l’organisation d’une tombola à Savignac. Les entreprises ont souvent envie de participer au projet mais n’ont pas de réels moyens financiers. On a récupéré énormément de dons type place de cinéma, paniers gourmands, pass pour du paintball ou encore des soins dans des instituts. Pour les transformer en argent rien de mieux que la tombola !
Après, c’est aussi se lever à 6h du matin pour vendre des gâteaux, des crêpes, du café sur les marchés locaux : ce sont des moments d’échange avec les gens qui sont très réceptifs à notre démarche et on prend du plaisir à parler avec eux de notre projet.
GoBladi : La course est une oeuvre humanitaire sur place, au Maroc. Cependant vous avez décidé d’aller plus loin en sensibilisant les enfants d’une école primaire nantaise, pouvez-vous m'en dire plus ?
Julien : On ne doit surtout pas oublier le but premier du Raid et sa philosophie, parfois la recherche d’argent devient une préoccupation trop importante. Nous voulions donner un sens plus large au projet et en faire un atelier pédagogique. Etant donné que nous emmenons des fournitures pour des enfants, le lien est vite fait, ça nous est apparu comme une évidence.
Le 4L Trophy c’est aussi quelque chose de très ludique et le projet offre une multitude de thèmes à explorer. Si on prend la Renault 4 et le Maroc, des travaux sur l’histoire, la géographie ou l’industrie automobile sont possibles, et pour les enfants c’est un moyen d’apprendre sans le savoir car on amène du concret et ils s’éclatent !
Donc le 7 février on se rend dans l’école primaire Saint Symphorien de Couëron proche de Nantes, pour présenter à des enfants de CM1 et CM2 le 4L Trophy.
Magali : l’idée première c’est de partager, essayer de transmettre des valeurs, leur donner envie : peut-être que dans 10 ou 12 ans ce sont eux qui prendront la route pour le Maroc ou un autre pays qui en aurait besoin. Comme le disait Julien, c’est vraiment toujours un plaisir de parler du 4L Trophy, de l’aventure au Maroc, je crois bien que l’on pourrait le faire pendant des jours. C’est aussi un bon moyen de récupérer des affaires scolaires car nous n'en avons jamais assez, l’année dernière c’était 80 tonnes de matériels. A nous de faire mieux !
Emmanuelle a participé à l’édition 2008
Emmanuelle Collin est élève en Master 2 Management des Médias à Sciences Com’ à Nantes. Agée aujourd’hui de 23 ans, elle nous témoigne de son expérience du Raid il y a 3 ans.
GoBladi : Qu’est-ce qui t’a vraiment convaincue de partir ?
Emmanuelle : Une amie m’a proposé de participer au 4L Trophy. J’ai tout de suite été emballé, j’adore voyager et faire de l’humanitaire, c’est une chose à laquelle je pensais depuis quelques temps. La démarche m’a séduite, à la fois un projet étudiant et une jolie aventure humaine.
GoBladi : En arrivant dans les premiers villages, qu’est-ce qui t’a le plus marquée ?
Emmanuelle : Ce qui m’a le plus marqué c’est la pauvreté du Maroc. On a parfois l’impression que c’est un pays relativement développé, mais lorsque l’on sort des villes touristiques, ce n’est plus la même chose.
GoBladi : Qu’est-ce qui a été le plus éprouvant pour toi ?
Emmanuelle : L’absence de douche pendant une semaine et les nuits glacées dans le désert :) ! Non, sérieusement, le plus éprouvant c’était vraiment d’être confrontée à la pauvreté. Ce n’est pas toujours facile. Lorsque je suis revenue en France j’ai mis quelques semaines à me reconnecter à ma réalité, et j’en garde toujours encore quelques traces : cette aventure m’a changée et désormais je m’efforce de me donner les moyens de faire ce que je veux réellement.
GoBladi : Qu’est-ce qui t’a le plus touchée ?
Emmanuelle : C’est le regard des enfants qui m’a le plus émue, ils étaient réellement attachants. Derrière la joie de nous voir arriver, on sentait une forme de détresse. C’était vraiment bouleversant. J’ai pris conscience d’avoir la chance de vivre dans un pays qui m’offrait énormément de possibilités ; cette aventure est notamment à l’origine de ma réorientation dans mes études, aujourd’hui je fais vraiment ce qui me plaît !
Retour sur l'histoire du 4L Trophy
Le Raid 4L Trophy a été créé en 1997 sous l’impulsion de l’association Désertours et est organisé avec le concours des étudiants de l’Ecole Supérieure de Commerce de Rennes.
L’association Enfants du Désert parrainée par Anne-Sophie Lapix et Marie-Claire Restoux est également partenaire de cette action solidaire.
L’opération est aujourd’hui considérée comme le 1er événement étudiant sportif et humanitaire d'Europe
En 2010, ce sont 78,5 tonnes de fournitures scolaires qui ont été distribuées aux enfants démunis du Maroc.
Véritable événement fédérant les étudiants, pas moins de 1 200 équipages prennent la route pour rejoindre le Maroc par Ferry, depuis le port l’Agésiras. Chaque voiture embarque jusqu’à 150 Kgs de matériel

L'éducation au Maroc
Sous l’impulsion de la conférence des Nations Unies en 2000 à New York, le Maroc s’inscrit dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Parmi les différents engagements du Royaume, il y en a un qui vise à offrir l’éducation primaire à tous les enfants.
Même s’il s’est considérablement amélioré ces 15 dernières années, le taux d’analphabétisme pour les enfants du Maroc de moins de 10 ans reste élevé. Le rapport national 2009 nous révèle en effet que Le taux net de scolarisation des enfants de 6/11 ans a été estimé au niveau national, en 2008/09 à 90,5% contre 52,4% en 1990/91. Ce taux est passé de 35,9% à 90,6% en milieu rural contre respectivement 76,6% et 90,5% en milieu urbain. L’amélioration a été plus importante pour les filles, en milieu rural, pour lesquelles ce taux a presque quadruplé, au cours de la même période
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Des informations qui encouragent à continuer les opérations de soutien, d'autant plus que le taux d’alphabétisation a également fortement progressé : [pour] la population âgée de 10 ans et plus, il a été estimé à 60,3% en 2009 contre 45% en 1994. En milieu rural, il est passé de 25% à 44,4%
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source : http://www.pnud.org.ma/omd.asp